sábado, 29 de novembro de 2014

- Nadou, nadou e morreu na praia - 30 breves posts sobre a regata "La Route du Rhum" 29







- O penúltimo velejador a completar a "Route du Rhum" 2014, será, se for Éric Jail, a bordo do seu monocasco de 50 pés "Jolakia" (nome da pimenta mais
forte do mundo), que encontra-se atualmente a 150 milhas náuticas da linha de chegada. (29/11/2014)

- Como todo bom velejador solitário, ele é um filósofo ambulante, que discursa no momento (vide texto em francês abaixo) sobre a cadeia alimentar. 

- Belíssima, criativa, violenta e democrática invenção de "Mamãe Natureza". 

- Obs: como estou redigindo este post dia 10/12/2014, acabo de ler que Éric Jail teve o tremendo azar de encalhar a vinte milhas de Pointe-à-Pitre, o que lhe custou a desclassificação da regata.

- Como nós costumamos dizer, aqui no Brasil: "ele nadou, nadou e morreu na praia."

- Duro, não?

Fernando Costa



Des nouvelles d’Éric Jail

A bord de Défi Cat, son monocoque de 50 pieds de la Classe Rhum, Éric Jail poursuit sa route dans des alizés poussifs à un peu plus de 150 milles de l'arrivée à Pointe-à-Pitre : il devrait conclure le classement de sa catégorie à la quatorzième position lundi après-midi. Il ne restera plus en mer que le Class40 de Vincent Lantin (Vanetys-Le Slip Français) qui devrait en finir mardi…

« Depuis hier je croise dans un champ de sargasses, ces algues marines qui ressemblent un peu à une feuille de cannabis métissée avec de la salade frisée. Elles stagnent habituellement au milieu de l'Atlantique Nord, cernées par le Gulf Stream, et les alizés, qui les canalisent dans une zone plus Nord que ça normalement. Elles finissent par tourner en rond, comme malheureusement aussi beaucoup de nos déchets en tout genre, bouteilles plastiques, bidons, vieilles tongues, sacs multicolores, cagettes, caisses, cordes... pour se pendre. Ici il n'y a que les plantes d'un vert roussis en amas ou bien en grappes, ou bien solitaires. Elles flottent à moitié sous l'eau, juste à la bonne profondeur pour attraper l'hélice de l'hydro-générateur qui du coup ne charge plus suffisamment les batteries du bord.

Je surveille ça attentivement et met le moteur en marche de temps en temps, hélice débrayée à cause de la course pour palier à cette défection. Et je passe mon temps à sortir l'hélice pour la dégager de cet étau de chlorophylle un peu trop envahissant. Avez-vous remarqué que partout sur la planète, dans les plus beaux coins, les petits comme les grands paradis, l'homme est toujours empoisonné par Dame Nature qui vous impose le moustique vorace, la mouche tenace, la petite bête qui monte, le serpent venimeux, la puce des sables, la chaleur torride, les cyclones destructeurs, le chicungunya, les odeurs fétides, les vendeurs à la sauvette, et que sais-je encore. Comme pour nous rappeler que nous ne sommes pas les maîtres du monde, mais seulement invités dans cette chaîne sans fin où chacun a besoin de l'autre.

Sous nos détritus, au milieu de l'océan, comme un énorme DCP (dispositif de concentration des poissons), peut-être naît et se reproduit toute la chaine alimentaire chère à la planète... Croyons-le, c'est plus facile à vivre, plutôt que d'affréter des bateaux râteaux pour aller récupérer et recycler les déchets de notre civilisation avant qu'ils ne sombrent pour l'éternité des temps au fond de l'océan. Après tout, on ne les verra plus après ça. Je continue malgré tout à me rapprocher du but, et devrait, si tout va bien contourner ce dimanche soir tard le Nord de l'île de la Guadeloupe, pour ensuite filer vers l'îlot de la Tête à l'Anglais sans vraiment savoir où est le reste de son corps, certainement croqué par quelques flibustiers venus tout droit de Saint-Malo il y a fort longtemps. Je vous souhaite de passer une bonne journée et profitez en pour me préparer le rhum et le... LINK




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